Pourquoi les jeux vidéo sont addictifs ?

De nos jours, l’addiction aux jeux vidéo est probablement une des dépendances qui touchent le plus les adolescents, mais les adultes peuvent aussi en souffrir. Voyons les raisons pour lesquelles les jeux vidéo sont addictifs dans notre société.

Les neurosciences expliquent l’addiction aux jeux vidéo

La sensation de plaisir est un sentiment entièrement créé par le cerveau, nous allons voir que les jeux vidéo fonctionnent beaucoup sur ce principe. Lorsqu’un événement positif a lieu, un neurotransmetteur appelé « dopamine » va être libéré, c’est l’aire tegmentale ventrale qui s’occupe principalement de cette libération. 

Lorsqu’une personne consomme de la drogue (ou autres substances psychoactives),c’est le même principe, la quantité de dopamine présente dans le corps sera plus importante que d’habitude, cette personne sous substance illicite aura donc un sentiment de bonheur. 

La récompense

Dans l’organisme, la sécrétion de dopamine provient, à la base, d’un esprit de récompense. De manière naturelle, lorsqu’un Homme accomplit une tâche importante à ses yeux, c’est là que son cerveau va libérer ce neurotransmetteur. Le problème de la pratique du jeu vidéo régulière vient du fait que, lorsqu’une personne joue trop souvent, elle va libérer une quantité de dopamine très importante et trop souvent. Le corps va demander de plus en plus de dopamine afin de pouvoir continuer à ressentir ce sentiment de plaisir. 

En soit, personne n’est réellement addict aux jeux vidéo eux-mêmes, mais plutôt addict à la dopamine libérée. Lorsque vous réussirez à battre un boss important de world of warcraft ou un opposant sur league of legends, la dopamine libérée dans votre corps sera dans une quantité relativement importante, les addicts vont donc rechercher le plus possible cette sécrétion car leur corps leur en demande de plus en plus.

Cela ne concerne pas que le trouble du jeu vidéo

Ceci ne se limite pas simplement aux jeux vidéo, cela peut paraître étrange mais il existe des personnes addicts aux films, aux séries, aux réseaux sociaux ou même aux livres. Cela s’explique par le même procédé, une personne consommant un contenu lui procurant une libération de dopamine de manière trop régulière va toujours vouloir davantage de dopamine, elle va alors encore plus consommer ce même type de contenu.

 

Une conduite addictive de masse

Si seulement quelques personnes dans le monde jouaient aux jeux vidéo, on en parlerait à peine, mais ce n’est pas vraiment le cas. En effet, rien qu’en France, on considère environ 50 % de la population comme « joueur de jeu(x) vidéo(s) ». Ce chiffre ne cesse d’augmenter ces dernières années , cela s’explique principalement par le fort développement des smartphones. 

Il y a encore 10 ans, il était compliqué de jouer à de bons jeux depuis ton téléphone, alors qu’aujourd’hui, les capacités sont infinies et les plateformes de téléchargement regorgent de très bons jeux. On estime que 60 % des joueurs de jeux vidéo actuels jouent depuis leur téléphone portable ou leur tablette.

Une industrie du jeu vidéo dominante

De plus l’industrie du jeu-vidéo devient de plus en plus importante, elle est maintenant plus importante que l’industrie de la musique et du cinéma réunies, on l’estime à 4,3 milliards d’euros. Tout cet argent permet de produire des jeux de grande qualité mais pas seulement, tout l’aspect de communication et de marketing est à prendre en compte. 

Ce n’est pas pour rien si les jeux vidéo sont autant joués dans le monde, il y a un vrai travail de communication pour pousser à la consommation et à faire augmenter le nombre de joueurs à travers le monde, les publicités promouvant différents jeux vidéo sont partout. 

On est loin du temps où il fallait aller dans une salle d’arcade pour pouvoir jouer à un jeu, aujourd’hui, tout le monde peut avoir accès à des jeux facilement, les créer est aussi accessible maintenant. Cette facilité d’accès et la multiplication des plates forme ne freinent en aucun cas le phénomène de la dépendance aux jeux vidéo.

Jouer pour s’enfuir de la réalité

Beaucoup jouer aux jeux vidéo ne provient pas uniquement du fait que le cerveau soit addict à la sécrétion de dopamine, les jeux vidéo sont aussi un moyen de s’enfuir de la réalité afin de s’enfermer dans un univers différent. Certaines personnes trouveront le bonheur en accomplissant des quêtes dans un monde virtuel si leur vie déconnectée ne les satisfait pas pleinement.

C’est le même principe que pour la consommation de cannabis, certaines personnes en consomment pour pouvoir s’éloigner de la réalité et ainsi fuir les difficultés de la vie. Cet enfermement dans un monde virtuel est surtout présent chez les adolescents ou les jeunes de manière générale, cela démontre l’importance des parents, qui doivent savoir quand intervenir quand la consommation de jeux vidéo devient trop importante.

Les bienfaits du jeu vidéo

Il ne faut pas diaboliser le fait de passer du temps sur les jeux vidéo car il existe beaucoup de bienfaits dans cette activité. Certaines études tendent à prouver que jouer aux jeux vidéo développe la créativité, la culture et la perception dans l’espace.

Tous les bienfaits ne sont pas mesurables dans tous les jeux vidéo, certains se retrouveront dans le jeu de stratégie comme Starcraft où il a été démontré par des chercheurs britanniques que ce jeu développait la flexibilité cognitive de manière saisissante.

Les jeux vidéo pourrait également ralentir le vieillissement, vous avez surement déjà constater que dans les maisons de repos, il n’est pas rare de croiser une Nintendo Wii pour que nos grands-parents gardent la forme.

Les FPS quant à eux amélioreraient la vue. Après avoir été exposés durant plus de 40h sur Call of Duty, des cobayes ont été comparés à des joueurs de Sims 2 ont vu une amélioration de leur capacité à discerner les contrastes et les changements de luminosité faibles notables.

Les bienfaits sont nombreux et on en découvre chaque jour de nouveaux. Toutefois, comme toute bonne chose, il faut se prémunir des excès.

Reconnaître une addiction

Il faut savoir intervenir quand une personne passe une trop grande partie de son temps devant un écran car cela peut devenir un danger pour sa santé mentale et physique. Lorsqu’une personne va s’enfermer dans son monde virtuel, cela ne résoudra en rien ses problèmes et son mal-être profond, pour régler cette indépendance, il est possible de consulter des spécialistes.

Il faut réussir à faire la différence entre réelle dépendance aux jeux vidéo et simple moyen de fuir la réalité. Lorsqu’on considère une personne addict, il faut se rendre compte que cela atteint un point maladif où le corps demande de lui-même de jouer aux jeux vidéo afin de recevoir sa dose de dopamine. 

Quand une personne fuit la réalité en lançant son jeu, c’est une démarche consciente, ce n’est pas le corps qui demande de recevoir une certaine substance. Pour autant, le fait de se réfugier dans un jeu peut tout de même être à la base d’un début d’addiction.

Attention toutefois à ne pas hurler à la dépendance dès qu’un ado passe plus de 3 soirs par semaine devant son écran. L’addiction est surtout reconnaissable par son critère de manque et de dépendance. Ayez une discussion sur le phénomène d’addiction en règle générale et écoutez son raisonnement, posez des limites raisonnables et assurez-vous qu’il/elle comprenne pourquoi il est important d’avoir des garde-fous.

En conclusion

Il existe des personnes qui sont tombées dans l’univers du jeu vidéo quand elles étaient adolescentes et qui continuent à jouer plusieurs fois par semaine alors qu’elles se rapprochent de 40 ans. Il y a parmi elles, des dépendantes mais aussi d’autres pour qui le gaming est considéré comme un passe-temps, en toute connaissance de risque.

L’addiction peut se révéler aussi chez la ménagère, plongée plusieurs heures par jour sur Candy Crush pour qui passer les tableaux devient un challenge personnel. Dès qu’elle a un instant, elle sort son téléphone pour terminer sa partie.

Toutefois, la potentialité d’être addict à la pratique de jeux vidéo de manière médicalement reconnue est assez faible ou ne dure pas longtemps. Malgré tout, cela reste un phénomène sérieux qui pourrait toucher bien plus de personnes dans les années à venir au vu du développement exponentiel de ce marché.

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